Aller au contenu
Heure mondialeEU--:--UK--:--USA--:--CN--:--PLDEFRIT中文EN

portail sur l'IA et la technologieactualités · analyses · entretiens · fond technique

Rechercher
EN DIRECT
›

L'échec du sauvetage de Swift : Link tourne trop vite

La NASA et Katalyst Space Technologies ont abandonné le sauvetage de l'observatoire Swift mercredi. Des pannes de contrôle d'attitude ont empêché le vaisseau de 30 millions de dollars de capturer le télescope.

SciencesExpliquéAmélie BernardPublié le: 28 septembre 20263 min de lectureSources 3
L'échec du sauvetage de Swift : Link tourne trop vite

L'observatoire Neil Gehrels Swift devrait se désintégrer dans l'atmosphère terrestre plus tard cette année. Ars Technica l'a rapporté le 20 août, après l'abandon de la tentative de capture par le satellite de sauvetage Link par la NASA et Katalyst Space Technologies.

La NASA a attribué à Katalyst un contrat de 30 millions de dollars il y a moins d'un an pour construire et lancer Link. Selon Ars Technica, l'entreprise disposait de neuf mois pour concevoir un vaisseau capable de s'approcher de Swift, de le capturer avec trois bras robotisés et de propulser son orbite hors de danger.

Link a été lancé le 3 juillet à bord d'une fusée Northrop Grumman Pegasus XL, a rapporté NBC News. Les communications ont été établies, mais moins de deux semaines après le vol, les équipes ont signalé des problèmes d'orientation. Le 15 juillet, la NASA a indiqué que les ingénieurs de Katalyst avaient résolu les premiers problèmes de communication et de contrôle d'attitude. Puis les correctifs ont échoué.

Le 28 juillet, la NASA a annoncé que les systèmes de contrôle d'attitude de Link avaient dysfonctionné, provoquant une rotation du vaisseau et des communications sporadiques. Link tournait à environ 9 degrés par seconde, selon la NASA. Les gestionnaires de mission ont activé ses propulseurs ce mois-ci pour ralentir la rotation, mais la panne sous-jacente n'a pas été résolue. Katalyst n'a pas précisé la cause, bien qu'Ars Technica rapporte que deux des trois roues de réaction de Link ont cessé de fonctionner et que les propulseurs à gaz froid utilisés pour le pointage fin ont aussi eu des problèmes. Il ne restait que trois propulseurs plasma à faible impulsion pour reprendre le contrôle tandis que Link parcourait l'orbite terrestre à près de 5 miles par seconde.

Pourquoi Swift ne pouvait pas se sauver lui-même

Swift a été lancé en 2004 avec une durée de vie de conception de deux ans. Il ne dispose d'aucun propulseur pour maintenir sa propre orbite, ce qui fait de la tentative de sauvetage la seule option, a rapporté Ars Technica. L'observatoire étudie les sursauts gamma, les explosions les plus puissantes de l'univers, déclenchés par des événements tels que la naissance de trous noirs ou les collisions entre étoiles ultra-denses.

Sa orbite a commencé à se dégrader plus rapidement pendant une période d'activité solaire intense en 2024. Tous les satellites en orbite basse perdent lentement de l'altitude à cause de la traînée atmosphérique, mais une activité solaire accrue chauffe l'atmosphère et augmente cette traînée. La NASA a suspendu les opérations de Swift avant la tentative de sauvetage.

« Ce n'est pas le résultat auquel nous visions, mais cela ne change pas le fait que cette mission valait la peine d'être tentée », a déclaré le directeur de la NASA, Jared Isaacman, dans un communiqué.

Ghonhee Lee, PDG de Katalyst, a déclaré dans un communiqué que l'entreprise avait relevé un « défi à haut risque et à haute récompense » et est « fière des jalons atteints en chemin ». L'entreprise a indiqué qu'elle continuerait à exploiter Link pour collecter des données et tenterait encore une approche rapprochée de Swift pour une démonstration de navigation.

Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division d'astrophysique de la NASA, a qualifié l'effort de « tentative sans précédent, développée dans un délai inégalé, dicté par l'activité du Soleil ». Il a déclaré que l'agence évalue les jalons restants à venir.

Scientific American a rapporté que la NASA avait dépensé 30 millions de dollars pour la tentative, et que la perte de Swift laissera un vide dans l'observation de l'univers à haute énergie qui est peu susceptible d'être comblé rapidement. Ars Technica a évalué la valeur de l'observatoire à 500 millions de dollars.

L'échec a un second public : les entreprises et les agences qui misent sur la maintenance des satellites. Katalyst est l'une des plusieurs sociétés américaines travaillant sur des capteurs de rendez-vous et des bras robotisés qui pourraient un jour ravitailler, réparer ou mettre à niveau des satellites. Link n'atteindra pas Swift, mais sa tentative d'approche produira tout de même des données.

Commentaires 0

Sources

3
  1. 01NASA calls off mission to rescue Swift gamma-ray observatoryEN
  2. 02NASA mission to save sinking space telescope failsEN
  3. 03NASA calls off rescue mission for its falling Swift space telescopeEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

Rédaction →

Commentaires

0
  1. Aucun commentaire — soyez le premier.

Écrire un commentaire

Les commentaires sont publics. Nous ne publions ni insultes, ni spam, ni publicité.