La FTC renforce son dossier antitrust contre Microsoft sur le cloud et l'IA
Microsoft répond aux demandes d'investigation civile de la Federal Trade Commission concernant son activité Azure et son rôle dans l'IA, selon des documents consultés par The Verge. Une enquête qui pourrait replacer l'entreprise sous le feu des projecteurs antitrust pour la première fois depuis plus de deux décennies.

La FTC a envoyé des demandes d'investigation civile, des documents similaires à des citations à comparaître, à au moins six entreprises concurrentes de Microsoft, a rapporté The Verge le 1er juin. Bloomberg avait auparavant détaillé le contenu de ces demandes. The Verge indique avoir obtenu des détails inédits auprès d'une source du secteur qui a examiné les lettres et a obtenu l'anonymat pour discuter d'informations non publiques. Le document a été vérifié.
Aucune garantie ne permet de dire que l'enquête se terminera par un procès. Elle a commencé sous l'administration Biden en 2024 et a continué sous le président Donald Trump. Après de nouvelles étapes d'enquête, le personnel de la FTC décidera s'il faut recommander une plainte. Les deux commissaires de l'agence voteront ensuite. Tous deux sont républicains. N'y ayant aucun commissaire de l'opposition, la commission pourrait clôturer l'affaire discrètement, sans objection formelle ni annonce publique.
Ce que la FTC demande
Les CIDs indiquent que l'objectif de l'enquête est de déterminer si Microsoft a utilisé des méthodes de concurrence déloyales dans son cloud, ses produits logiciels et ses services connexes, en violation de la FTC Act, selon la source. Les documents comportent généralement plus de 15 pages et plus de 15 questions, souvent avec de nombreuses sous-parties. Ils interrogent sur les accords commerciaux de Microsoft, les arrangements de licence et l'interopérabilité des produits.
Certaines questions semblent viser à comprendre l'industrie du cloud elle-même : organigrammes, plans commerciaux et marketing, feuille de route des produits, et la manière dont les entreprises prévoient de regrouper plusieurs fonctionnalités et produits. D'autres portent sur la tarification, les remises et la rentabilité. Elles examinent la difficulté d'entrer sur un marché où opère Microsoft en analysant les coûts et les barrières à l'entrée. La FTC demande également spécifiquement l'impact de Microsoft sur la concurrence, sollicitant des documents sur l'effet des politiques de Microsoft ou de sa position sur le marché, ainsi que sur les pratiques globales de regroupement et d'interopérabilité du secteur, y compris chez Microsoft.
L'agence pose des questions similaires sur la concurrence autour des produits d'IA, y compris ce qu'il faut pour rivaliser pour les clients face à des entreprises qui combinent des fonctionnalités ou services supplémentaires avec un produit d'IA ou logicielle comme Microsoft 365. William Kovacic, professeur de droit à l'Université George Washington et ancien président de la FTC, a déclaré à The Verge que les questions suggèrent que l'agence essaie de déterminer quels acteurs clés du marché surveiller et à quel point des tactiques comme le regroupement sont importantes. Les références à l'IA, a-t-il dit, pourraient suggérer que la FTC considère cela comme une partie potentielle d'un arrangement de liaison illégal ou comme un avantage concurrentiel important.
« Nous coopérons pleinement avec la FTC et croyons que nos pratiques favorisent la concurrence tout en offrant les produits innovants que nos clients attendent. »
C'est Alex Haurek, porte-parole de Microsoft, dans une déclaration à The Verge. La FTC n'a pas répondu à une demande de commentaire de la publication.
La plainte de licence qui a tout commencé
Les clients ont signalé, souvent anonymement par peur de représailles, que les modifications de Microsoft de ses conditions de licence en 2019 ont considérablement augmenté le coût de l'exécution des logiciels Windows sur des infrastructures externes à Azure. En 2023, Google a répondu à une enquête approfondie de la FTC sur le cloud computing en accusant Microsoft d'utiliser sa domination dans d'autres domaines pour « donner à leurs propres produits cloud un avantage injustifié » et verrouiller les consommateurs. Microsoft soutient que le secteur du cloud est concurrentiel, et Haurek a cité Google comme « un exemple clair de cette dynamique, en croissance de 63 % sur un an et en concurrence frontale avec d'autres grands fournisseurs, y compris AWS, le plus grand fournisseur cloud ».
La croissance du cloud a propulsé la valorisation de Microsoft à des niveaux historiques et l'a positionné pour les besoins de calcul de l'IA, tout en soutenant les revenus alors que le matériel, y compris Xbox, déclinait. Une enquête de ProPublica de 2024, publiée peu avant que l'enquête ne soit rapportée, a constaté que Microsoft avait utilisé des leviers similaires pour s'implanter dans les agences gouvernementales américaines après avoir installé des mises à jour de cybersécurité gratuites accompagnant des produits fonctionnant spécifiquement sur Azure, ce qui rendrait difficile de s'en passer par la suite. Les contrats gouvernementaux et la cybersécurité n'étaient pas parmi les sujets des CIDs divulgués à The Verge. Haurek a déclaré que Microsoft avait répondu aux demandes de sécurité du gouvernement à l'époque et que les agences étaient « libres de s'engager avec d'autres fournisseurs ».
La dernière grande confrontation antitrust de Microsoft remonte à plus de deux décennies, lorsqu'un tribunal a constaté qu'il détenait un monopole illégal du système d'exploitation PC. D'autres régulateurs examinent les mêmes questions sur le cloud. The Verge rapporte que la Commission européenne, l'Autorité britannique de la concurrence et des marchés et la Commission japonaise du commerce équitable ont également mené des enquêtes sur la question.
D'autres décisions fixent le ton
Le contrôle de Microsoft intervient dans un calendrier antitrust chargé. En avril 2025, Ars Technica a rapporté que la phase des remèdes du procès antitrust de Google sur la recherche commençait, le Department of Justice cherchant à forcer Google à céder Chrome et à délier Android. Google avait déjà perdu la phase de responsabilité, le tribunal ayant constaté qu'il avait violé la Sherman Antitrust Act en « acquérant et maintenant volontairement un pouvoir de monopole ». Le DOJ a soutenu que le terrain ne pouvait pas être nivelé à moins que Google ne renonce à Chrome, et a prévu des témoins de Yahoo, DuckDuckGo et Microsoft. Google a qualifié la position du gouvernement d'extrême et fondée sur des griefs passés.
La Chine a mené sa propre affaire. Le lundi 15 septembre 2025, l'Administration d'État de la réglementation du marché de Chine a déclaré que Nvidia avait violé la loi antitrust du pays, une conclusion préliminaire selon laquelle le fabricant de puces n'avait pas pleinement respecté les clauses attachées à son acquisition de Mellanox Technologies pour 6 900 000 000 dollars en 2020, que Pékin avait approuvée conditionnellement. SAMR avait atteint sa conclusion quelques semaines avant l'annonce, selon deux personnes au courant de l'affaire, et l'a publiée alors pour donner à la Chine un levier dans les pourparlers commerciaux avec les États-Unis à Madrid. Les conclusions préliminaires pourraient entraîner des amendes comprises entre 1 pour cent et 10 pour cent des ventes de Nvidia de l'année précédente, et les régulateurs peuvent forcer des modifications des pratiques commerciales. Nvidia n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire, et SAMR n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire supplémentaire.
Puis il y a l'industrie de l'IA elle-même. Quatre plaignants ayant souscrit à ChatGPT, Claude, Grok ou Gemini ont déposé une action en justice collective proposée alléguant que les développeurs de ces modèles ont violé les lois antitrust en convenant de ralentir le développement de l'IA, a rapporté Tom's Hardware le 21 septembre 2026, citant Associated Press. Le procès soutient que l'accord « réduirait la valeur que les consommateurs obtiennent pour les abonnements IA payants » et affirme que la coordination a commencé en juillet 2026, après que les principaux laboratoires d'IA aient signé une déclaration admettant qu'il y a une « pression concurrentielle intense pour ne pas ralentir unilatéralement » le développement.
Les plaignants acceptent que le développement de l'IA devrait ralentir pour la sécurité, mais qualifient la proposition de coopération du fondateur d'Anthropic, Dario Amodei, de « raccourci » qui « substitue la retenue collective à la responsabilité individuelle ». L'avocat principal, Nick Rowley, a déclaré : « L'IA échappera rapidement au contrôle humain et pourrait nous tuer tous si nous laissons la sécurité de l'IA et le protocole ... être contrôlés par des accords privés et intéressés entre les entreprises technologiques « à but lucratif » les plus puissantes du monde. » Sam Altman d'OpenAI a répondu sur X que l'entreprise accueille favorablement un cadre fédéral fixant des exigences de sécurité cohérentes pour l'IA de pointe, mais ne pense pas qu'il faille attendre une exemption antitrust ou une législation pour commencer ce travail. L'administration Trump a rejeté l'idée, le président déclarant : « L'IA qui prend le contrôle du monde, détruit l'Humanité et toutes les autres choses mauvaises, est une HOAX. » Les médias d'État chinois ont également critiqué la proposition ; China Daily l'a appelée un « club dont les règles de membership ont été rédigées avant que la liste des invités ne soit annoncée ».
La politique d'application a également changé. Au Little Tech Summit de Y Combinator en mai 2025, a rapporté The Verge, le président de la FTC Andrew Ferguson et les responsables antitrust du DOJ sont apparus tout en évitant délibérément la réunion printanière antitrust de l'American Bar Association de l'autre côté de la rue, la première fois qu'une administration le faisait. Ferguson avait récemment déclaré son opposition au maintien de la FTC en tant qu'agence indépendante. Lina Khan, son prédécesseur progressiste, a fustigé Trump pour avoir limogé deux commissaires démocrates de la FTC et s'est ensuite fait photographier avec Steve Bannon. Un avocat du DOJ sur scène a déclaré que c'était l'ère de l'antitrust MAGA. Le sénateur Josh Hawley a continué de menacer Meta, disant que les promesses de Zuckerberg sur la censure ne signifiaient pas que « vous avez le droit de violer les lois antitrust ».
Pour Microsoft, la question immédiate est plus étroite que tout cela. La FTC collecte encore des informations, sans alléguer de violation. Ses deux commissaires décideront si les preuves justifient une plainte. La dernière fois que l'entreprise a fait face à cette décision, elle a perdu.
Sources
5- 01Microsoft could be the next Big Tech antitrust targetEN
- 02Chrome on the chopping block as Google's search antitrust trial moves forwardEN
- 03China rules that Nvidia violated its antitrust lawsEN
- 04Anthropic, OpenAI, SpaceXAI, and Google face antitrust lawsuit for agreeing to slow AI developmentEN
- 05Y Combinator's Little Tech Summit was a bizarre snapshot of DCEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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