La Chine domine la recherche IA d'élite, les assureurs imputent à l'IA 942 millions de dollars de coûts supplémentaires
Selon une étude de Carnegie China publiée le 28 septembre, la Chine accueille désormais plus de chercheurs IA d'élite que les États-Unis. Parallèlement, un groupe d'assureurs américain affirme que l'usage de l'IA par les hôpitaux a alourdi les dépenses de santé de 942 millions de dollars sur deux ans.

L'étude de Carnegie China, relayée par The Next Web le 28 septembre, indique que 41 % des principaux chercheurs en IA suivis travaillaient en Chine en 2025, contre 34 % aux États-Unis. Trois ans plus tôt, la tendance était inverse : 46 % aux États-Unis, 27 % en Chine.
Damien Ma et Binyi Yang, auteurs de l'étude, ont défini ce groupe à partir des articles acceptés à NeurIPS 2025, les qualifiant de « Navy Seals » du domaine. Ils ont comptabilisé 25 677 auteurs sur 5 823 articles et retracé plus de 10 000 parcours professionnels, du premier diplôme à l'employeur actuel, via les données déclarées sur OpenReview. Les outils de codage IA ont aidé à traiter ces données, avec des vérifications humaines sur les résultats. Deux chiffres retiennent l'attention dans le secteur des technologies de santé, où le talent IA s'applique désormais au diagnostic, à la découverte de médicaments et à la conception d'essais cliniques. D'abord, 57 % des chercheurs suivis ont obtenu leur premier diplôme en Chine en 2025, contre 46 % en 2022. Ensuite, l'Université de Pékin et l'Université Tsinghua occupent les première et deuxième places comme lieux de travail, devant le KAIST en Corée du Sud. Google était en tête en 2022. L'ETH Zurich et l'Université d'Oxford ont quitté le haut du classement, tandis que l'Europe a retenu 60 % de son propre talent, contre 89 % pour les États-Unis.
L'argent et la politique d'immigration expliquent ce basculement. L'étude pointe les offres d'emploi dans l'industrie IA chinoise et le durcissement des règles de visa américaines, notamment pour les étudiants chinois en sciences. L'administration Trump a proposé un frais de 103 265 dollars pour les nouveaux visas H-1B. De leur côté, les entreprises chinoises d'IA et de puces offrent des actions pour retenir leurs ingénieurs, précise le rapport.
Les assureurs chiffrer les coûts liés à l'IA
Côté payeurs, une analyse de la Blue Cross Blue Shield Association (BCBSA) montre que l'utilisation d'outils IA dans les réclamations d'assurance par les hôpitaux a entraîné 942 millions de dollars de dépenses de santé supplémentaires sur deux ans. TechCrunch a rapporté ce chiffre le 26 septembre. L'analyse de la BCBSA révèle une forte augmentation des patients documentés comme ayant des conditions complexes. Elle souligne une déconnexion claire entre le codage médical et le traitement, sans preuve d'un changement correspondant dans les soins dispensés. Le New York Times, cité par TechCrunch, décrit cette analyse comme le dernier signe que l'IA contribue à la hausse des coûts de santé. Les litiges entre hôpitaux et assureurs sur les traitements et les paiements ne sont pas nouveaux, mais semblent s'aggraver alors que les deux parties utilisent l'IA.
« Ce n'est pas une guerre. C'est un bain de sang totalement unilatéral », a déclaré à TechCrunch Luke Chalker, vice-président senior de la BCBSA.
Tout le monde ne voit pas les choses ainsi. Le Dr Shiv Rao, fondateur de la startup IA Abridge, a admis à TechCrunch que l'usage de l'IA pourrait mener à « un avenir dystopique horrible que personne ne veut vivre », avec des bots qui se battent entre eux et des agents qui se combattent. Il estime toutefois que cela pourrait aussi réduire les tensions et les coûts. Le chiffre des assureurs reste une estimation d'un seul groupe industriel, pas une statistique nationale audité, et les hôpitaux ne l'ont pas accepté.
L'effort de la Chine dans les technologies de santé
Ce déplacement des talents s'inscrit dans un système de santé qui fonctionne déjà sur des applications. Rest of World a rapporté le 24 septembre que les patients en Chine réservent des rendez-vous hospitaliers via WeChat ou Alipay, consultent des médecins sur des plateformes de télémédecine, ou discutent avec des avatars de médecins IA sur des conditions allant de l'insomnie au diabète. Le gouvernement a encouragé l'expansion des soins de santé numériques pour atteindre les 1 400 000 000 d'habitants du pays et combler l'écart entre zones urbaines et rurales. Ruby Wang, médecin et consultante dont le livre China Cure est à paraître, a déclaré à Rest of World qu'au Royaume-Uni et aux États-Unis la technologie est toujours un ajout au système de santé. En Chine, les rails numériques sont assez développés pour que la société les considère comme normaux. Elle note aussi des limites : la Chine est la plus forte en oncologie, mais moins mature en immunologie. Les entreprises biotech chinoises sont faibles dans la commercialisation, ce qui explique pourquoi les accords de sous-licence sont si courants.
Deux développements suggèrent où la technologie sous-jacente se dirige. IEEE Spectrum a rapporté le 21 septembre que le set radio ondes courtes HERMES open-sourcé de Rhizomatica, avec son modem Mercury, envoie des fichiers chiffrés sur la bande de 3 à 30 mégahertz en utilisant l'ionosphère au lieu de satellites ou de tours relais. Le fondateur Peter Bloom décrit des liens fiables de 400 à 600 kilomètres à environ 20 watts. Omnesis, posté sur Hacker News le 28 septembre, est un index local-first qui synchronise e-mails, messages, notes, calendrier, données de santé et fichiers sur le matériel de l'utilisateur. Il les expose à des agents comme Claude ou ChatGPT via une porte de politique.
Aucun n'est un outil clinique. Les deux pointent dans la même direction que les chiffres de Carnegie China : les infrastructures et les pipelines de données autour des soins sont reconstruits plus vite que les règles et les paiements qui les entourent.
Sources
5- 01More elite AI researchers now work in China than in the US, study findsEN
- 02Insurers claim AI is already increasing healthcare costsEN
- 03China is excelling in health tech. That's good news for the worldEN
- 04Show HN: Omnesis - A private knowledge layer for ChatGPT and other agentsEN
- 05This Digital Radio Gets Messages to the World's Remotest LocationsEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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