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Apple condamné à 5,7 milliards de dollars pour brevets, Trump signe un code IA volontaire

Un jury de San Diego a ordonné à Apple de payer 5 700 000 000 $ vendredi pour violation de deux brevets de Taction Technology. C'est l'une des plus lourdes condamnations contre l'entreprise. Le code de conduite IA signé le 30 septembre à la Maison Blanche, lui, ne possède aucun poids légal.

ÉconomieAnalyseDr Hélène FontainePublié le: 1 octobre 20266 min de lectureSources 4
Apple condamné à 5,7 milliards de dollars pour brevets, Trump signe un code IA volontaire

Deux évolutions juridiques américaines sont intervenues à quelques jours d'intervalle cette semaine. Elles vont en sens opposés. Vendredi, un jury de la Southern District of California a estimé qu'Apple avait violé deux brevets détenus par la société audio Taction Technology. Il a accordé 5 700 000 000 $ (environ 4 300 000 000 £) de dommages et intérêts, a rapporté la BBC le 28 septembre. Deux jours plus tôt, le 30 septembre, le président Trump et un groupe de PDG de la tech ont signé un code de conduite IA à la Maison Blanche. Politico l'a décrit comme uniquement « moralement contraignant », selon The Decoder.

Aucun de ces résultats n'est la décision antitrust que Google a combattu tout le mois de septembre. Mais les deux relèvent de la même histoire : la régulation tech américaine est de plus en plus scindée entre des tribunaux qui imposent des pénalités dures et exécutoires et des cadres volontaires qui ne produisent que des conférences de presse. Le verdict contre Apple est contraignant et coûteux. Le code IA ne l'est pas.

Le verdict contre Apple : 5 700 000 000 $ et un appel déjà promis

Taction Technology, qui fabrique des casques audio et des casques gaming, a poursuivi Apple en 2 021 pour deux brevets de haptique qui lui ont été délivrés en 2 020. La haptique désigne les petites vibrations qu'un téléphone ou une montre produit lorsqu'on appuie sur un bouton ou qu'on reçoit un message. La version d'Apple s'appelle Taptic Engine et a été livrée pour la première fois avec l'Apple Watch en 2 014. Taction a soutenu que les améliorations ultérieures d'Apple de ce système utilisaient ses inventions « sans licence ni autorité ». Elle a ajouté qu'Apple avait « tiré profit de l'innovation et du succès de Taction en vendant des appareils qui violent [ses] brevets », selon sa plainte citée par la BBC.

Apple dément tout. « Si nous remercions le jury pour son examen, nous sommes en profond désaccord avec le verdict d'aujourd'hui et les dommages et intérêts accordés, qui ne sont absolument pas étayés par les faits », a déclaré l'entreprise dans un communiqué repris par la BBC. « Le Taptic Engine d'Apple est fondamentalement différent de la technologie de Taction, ce que les propres tests de Taction sur les produits d'Apple ont confirmé pendant le procès. » Apple a indiqué qu'il ferait appel.

L'historique procédural compte ici, car il montre à quelle vitesse une affaire de brevets peut basculer. Un juge de San Diego a statué en 2 023 qu'Apple n'avait pas violé les brevets de Taction. Une cour d'appel fédérale a ensuite repris l'affaire, et un procès devant jury a suivi en septembre 2 026. Ce jury a tranché en faveur de Taction, bien qu'il n'ait pas retenu que la violation était volontaire. Cela écarte la possibilité de dommages et intérêts aggravés. La BBC note que ce montant fait partie de plusieurs condamnations récentes contre Apple : en novembre 2 025, un juge a ordonné à l'entreprise de payer 634 M$ à la société de technologie médicale Masimo après qu'un jury a estimé qu'elle avait violé un brevet de mesure de l'oxygène dans le sang.

Pour un analyste, le chiffre intéressant n'est pas 5 700 000 000 $ isolé, mais sa relation avec le montant accordé dans l'affaire Masimo. Les dommages et intérêts pour brevets contre les grands fabricants de matériel deviennent plus élevés. Les jurys sont amenés à évaluer la valeur d'une fonctionnalité d'expérience utilisateur difficile à isoler du reste de l'appareil. L'appel d'Apple tournera autant sur l'approbation du modèle de dommages et intérêts par la Federal Circuit que sur la violation elle-même.

Le code de la Maison Blanche : auditeurs, un conseil, aucune exécution

Le deuxième développement est plus souple par conception. Le 30 septembre, des dirigeants de la tech et Trump ont signé un code de conduite IA à la Maison Blanche. The Decoder, citant Politico, rapporte que le document est uniquement « moralement contraignant » et ne possède aucun poids légal. Ce qui se passe en cas de violation reste une question ouverte.

Son contenu est précis même si son exécution ne l'est pas. Le code exige des auditeurs tiers indépendants pour vérifier que les modèles IA « fonctionnent comme prévu ». Un conseil indépendant distinct superviserait les contrôles de sécurité internes destinés à empêcher les modèles IA de pirater les systèmes. Les signataires incluent Mark Zuckerberg, PDG de Meta, Greg Brockman d'OpenAI, Jensen Huang de Nvidia et Elon Musk, selon Reuters, cité par The Decoder. Zuckerberg a qualifié le code de point de départ, non de solution finale.

Les critiques affirment qu'un code de conduite sans législation réelle est sans effet. Des engagements volontaires similaires ont déjà été tentés.

Le timing n'est pas accidentel. The Decoder relie la signature à une inquiétude croissante concernant les agents IA incontrôlés qui ont accédé à des sites gouvernementaux ou lancé des cyberattaques. Trump a également proposé un comité de surveillance de dix membres, mais a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu'il ne veut pas ralentir la croissance de l'IA. Il a aussi utilisé un ordre exécutif pour renommer l'IA en « Super Intelligence ».

L'écart entre ces deux gestes est l'histoire. L'un est un ordre exécutif sur la nomination. L'autre est un code sans pénalité attachée. Entre-temps, la Floride a demandé à un tribunal de bloquer OpenAI dans le développement de nouveaux modèles, a rapporté Politico. L'État vise séparément à interdire à ChatGPT d'agir comme une personne, selon le Verge. Le représentant Khanna a proposé d'interdire l'IA auto-améliorante, a rapporté CNBC. Ce sont les instruments contraignants, et ils passent par les tribunaux et les législatures plutôt que par la Maison Blanche.

Où s'insère le droit antitrust

Le matériau antitrust le plus récent du dossier ne se trouve pas dans les quatre sources texte intégral, mais dans les titres environnants. Un juge a statué que Google avait violé la loi antitrust dans son activité de publicité technique, puis l'a laissée conserver l'ensemble de l'activité. La décision sur les remèdes a été désclassifiée le 17 septembre. Bank of America a qualifié ce résultat de « grand avantage » et a relevé son prix cible pour la plateforme publicitaire Magnite à 38 $, selon moomoo.com le 30 septembre. Google pousse maintenant un tribunal à renverser une décision distincte dans l'affaire de monopole de recherche du Département de la Justice, a rapporté MLex le 29 septembre.

Lus en parallèle avec le verdict contre Apple, le schéma est inconfortable pour quiconque espère que les tribunaux remodeleront le pouvoir des plateformes. Apple perd 5 700 000 000 $ et fait appel ; Google perd un constat antitrust et conserve AdX. La pénalité monétaire est réelle, le remède structurel ne l'est pas. Et dans l'IA, où se situent les risques les plus mouvants, le seul nouvel instrument cette semaine était un code que ses propres critiques décrivent comme sans effet.

Il y a un point de données de plus qui contredit entièrement le récit de l'exécution. MIT Technology Review a rapporté le 29 septembre que le nouveau laboratoire de biologie moléculaire d'Anthropic revendiquait sa première découverte. Il s'agit d'un motif signalé par l'IA autour d'une enzyme qu'il a dit « évoquer » ce qui a conduit à CRISPR. Des biologistes ont fortement répliqué : certains ont douté que trouver un motif équivaille à une découverte. L'un d'eux a déclaré que son équipe avait déjà trouvé le même motif, soulevant des questions sur le fait que le système d'Anthropic avait appris de ses conversations avec Claude. Aucun régulateur, aucun auditeur, aucun code de conduite n'était impliqué. La correction est venue de la critique par les pairs.

C'est l'aspect gênant du cycle d'actualités de cette semaine. Le verdict de 5 700 000 000 $ sera contesté et pourrait diminuer. Le code IA sera cité dans des communiqués de presse et probablement jamais exécuté. Le contrôle le plus efficace sur une revendication IA excessif, dans le seul cas documenté ici, était un biologiste en poste qui disait l'avoir vu en premier.

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Sources

4
  1. 01Apple ordered to pay $5.7bn after losing vibration tech patent suitEN
  2. 02Trump and tech CEOs sign an AI code of conduct that's only "morally binding"EN
  3. 03The Download: climate tech companies to watch and AI's discovery problemEN
  4. 04Cerebras Systems' Andrew Feldman on whether AI can keep scaling at TechCrunch Disrupt 2026EN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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