Quatre batailles de droits d'auteur où l'argent a manqué avant la loi
Un patineur a récupéré son programme sur les Minions après un tollé public. La plupart des litiges se soldent autrement : accord confidentiel, spectacle abandonné, ou quatre mois de vie d'artiste perdus.

Le litige de droits d'auteur qui arrive devant un tribunal est l'exception. Les affaires de ce dossier se sont presque toutes terminées ailleurs : un accord de licence signé avant l'ouverture des portes, un règlement que personne ne décrira, une coupole redessinée après la lettre d'un avocat.
Commençons par le patinage, car c'est la fin la plus nette. L'Espagnol Tomàs-Llorenç Guarino Sabaté, six fois champion national, a appris en fin de semaine dernière que son programme court, bâti sur la musique des films Minions, ne serait pas homologué pour les Jeux d'hiver de Milano Cortina. Il avait soumis la musique des mois plus tôt via la procédure de validation recommandée par l'Union internationale de patinage. Il l'avait patinée toute la saison sans problème, notamment aux championnats d'Europe le mois dernier à Sheffield. The Guardian a relaté le revirement le 3 février : Universal a donné son autorisation pour ce que Guarino Sabaté appelle « cette occasion unique ». Deux autres morceaux de son programme restaient bloqués, a-t-il précisé sur Instagram.
Il a eu la chance d'avoir des fans assez bruyants pour faire bouger un studio.
D'autres n'ont pas eu cette chance. Les danseurs sur glace canadiens Marie-Jade Lauriault et Romain Le Gac ont perdu deux chansons de Prince prévues pour leur danse rythmique sur le thème des années 1990 : elles étaient validées pour la saison, pas pour les Jeux. Les patineurs canadiens Deanna Stellato-Dudek et Maxime Deschamps ont renoncé à une reprise de Phil Collins après s'être vu réclamer des dizaines de milliers de dollars, rapporte The Guardian. À Beijing 2022, les champions américains Alexa Knierim et Brandon Frazier ont fait face à une poursuite pour droits d'auteur sur une reprise de House of the Rising Sun. L'affaire a été réglée en privé pour une somme que The Guardian évalue à environ 1 500 000 $. Knierim a parlé d'une ombre « douce-amère » sur la performance.
Pour Colin Smith, directeur général de l'ISU, le problème est structurel. « L'industrie musicale n'a pas de plateforme commune de validation, a-t-il dit au Guardian. Il y a plusieurs catégories de droits, et à l'intérieur de ces catégories, la validation ne se fait pas sur une seule plateforme. »
La musique n'est qu'un front. Sur YouTube, Adele, Kendrick Lamar, Nirvana, Britney Spears, Green Day et Burna Boy ont disparu de la plateforme un samedi de fin septembre 2024. À leur place, un avis concernant la SESAC, la Society of European Stage Authors and Composers. Cette société licencie des exécutions publiques depuis 1930 et revendique, selon ses propres chiffres, plus de 1 500 000 chansons pour plus de 15 000 auteurs-compositeurs, compositeurs et éditeurs. Blackstone l'a rachetée en 2017. Un porte-parole de YouTube a déclaré à The Verge que les deux parties n'avaient pas pu conclure d'« accord équitable » avant l'expiration de l'entente. Variety, citant une source anonyme, affirme que l'accord précédent n'expirait en réalité que la semaine suivante. Un nouvel accord a été annoncé le lundi, avec un retour de la musique « dans les deux jours ».
Restent les litiges sans aucun accord. L'Institut canadien d'information juridique a poursuivi en novembre 2024 la jeune entreprise d'IA de Vancouver Caseway, lui reprochant un téléchargement massif et systématique de sa base de données juridiques. Le règlement, annoncé en mars 2026, est confidentiel. Les deux parties ont dit qu'elles continueraient chacune de leur côté, et Caseway a affirmé que l'issue marquait un recul de la volonté de « ralentir le progrès technologique par des poursuites ».
L'artiste verrière Victoria Balva n'est jamais allée aussi loin. Un bureau de design japonais, Nikken, travaillait à une verrière en vitrail pour le siège de Huawei à Shenzhen quand elle a remarqué que le rendu ressemblait à ses coupoles. Nikken a enquêté et reconnu qu'un employé avait regardé son travail, écrit-elle. Un nouveau dessin a été réalisé ; quelques éléments mineurs subsistaient. Quatre mois de sa vie professionnelle y sont passés, dit-elle, et l'affaire n'est pas entièrement réglée.
Sources
4- 01Figure skater saved from scrapping Olympic routine after Minions music copyright disputeEN
- 02YouTube pulls songs from Adele, Nirvana, and others due to SESAC disputeEN
- 03Online legal database CanLII and AI startup Caseway settle copyright disputeEN
- 04New Huawei Headquarters. Copyright infringement disputeEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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